Chapitre 8

La menace qui rôde...

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Les bois de Sleepinwood, autrefois si familiers et apaisants, semblaient soudainement empreints d’une atmosphère étrangère et oppressante. Les arbres, qui avaient toujours été de silencieux gardiens, paraissaient maintenant étouffants, comme s’ils se refermaient autour de Pally et Merwinn. Chaque ombre, autrefois douce et protectrice, prenait maintenant des formes inquiétantes, jouant avec leur imagination et leur insécurité grandissante. Le silence, qui les aurait normalement rassurés, devenait angoissant, amplifiant chaque petit bruit, chaque craquement dans l’obscurité.

Un poids lourd s’était installé dans l’air, rendant chaque respiration difficile. Leur cœur battait plus fort, par la peur insidieuse qui s’infiltrait en eux.

Leur insécurité croissante s’intensifia encore lorsqu’ils aperçurent deux silhouettes sombres se faufiler à travers les arbres. Elles se mouvaient avec une assurance effrayante, se rapprochant du village sans se soucier de qui pourrait les voir. Pally et Merwinn se figèrent, le souffle coupé, leurs yeux fixés sur ces formes inquiétantes.

Puis, des voix leur parvinrent, distinctes mais basses, suffisamment proches pour être entendues.

« Je pense que c’est ce village, » murmura l’une des silhouettes, d’une voix rauque.

« Très bien, » répondit l’autre, avec un calme glaçant. « On agit rapidement et avec efficacité. »

Sa voit était grave et posée et relevait d’une détermination implacable.

Ces mots firent courir un frisson glacé le long de l’échine des deux garçons. Ce n’était pas seulement des visiteurs. C’était une menace. Le retour des bandits pourpres se demandaient-ils.

Pally ne pouvait accepter une nouvelle attaque contre leur village. Une vague d’adrénaline déferla en lui, balayant toute hésitation. Déterminé, il se précipita vers l’entrée du village. En un éclair, il se jeta sur une haie épaisse bordant le sentier et, malgré son cœur battant à tout rompre, il la franchit d’un bond, atterrissant devant les deux silhouettes. Sans perdre une seconde, il se redressa, brandissant un couteau de cuisine, ses mains tremblantes mais résolues. D’une voix forte, il s’écria :

« Vous n’irez nulle part ! »

Les deux silhouettes s’arrêtèrent net, surprises par l’audace du garçon. Elles le fixèrent, les sourcils froncés, immobiles, leurs regards perçants et concentrés. Pourtant, celui de droite, malgré son apparence assurée, laissa transparaître une lueur d’inquiétude dans ses yeux. Son visage se crispa légèrement, et il fit un pas en arrière, pris de peur face à l’inattendu de la situation. Instinctivement, il posa sa main sur la garde de son épée, prêt à réagir, son regard inquiet figé sur Pally.

Merwinn, bien que terrifié, sentit qu’il ne pouvait laisser son ami affronter ce danger seul. Il prit une grande inspiration, et dans un élan de courage, se précipita à son tour vers l’entrée du village. Imitant Pally, il bondit par-dessus la haie et atterrit aux côtés de son ami, bloquant également le passage des supposés agresseurs. La peur lui nouait l’estomac, mais il resta debout, prêt à faire face, le souffle court et les mains moites.

Les deux silhouettes se matérialisèrent dans l’obscurité, révélant peu à peu leur apparence. Celle de droite portait une armure légère et une cape flottant dans la brise nocturne. Sur sa tête, un heaume laissait entrevoir un visage aux traits jeunes, à la fois concentré et assuré. Une longue épée était accrochée à sa taille, brillant faiblement dans la pénombre, et chaque mouvement de ce personnage évoquait l’agilité et la précision d’un chevalier en pleine possession de ses moyens.

L’autre silhouette, celle de gauche, était bien plus imposante. Une armure scintillante, même dans l’obscurité, recouvrait son torse massif, chaque plaque reflétant les faibles lueurs environnantes comme si elle était forgée dans un mélange d’acier et d’argent. Il était grand, extrêmement grand, et son corps semblait taillé dans le roc, musclé et solide. À sa main droite, il tenait un énorme marteau, une arme forgée dans un matériau noble semblable à celui de son armure, témoignant de sa puissance et de son statut.

Ses cheveux, d’un gris poivresel, étaient retenus en arrière par un diadème qui brillait doucement, conçu dans le même matériau noble que son marteau. Ce diadème relevait légèrement sa coiffure, mettant en valeur son visage sévère, encadré par une barbe fournie et impeccablement entretenue. Tout dans son apparence inspirait la droiture, la discipline et la dureté. Il dégageait une autorité naturelle, une présence imposante qui ne pouvait être ignorée.

Pally, malgré la peur qui lui tenaillait le ventre, ne put s’empêcher de penser que cet homme ressemblait un peu à Braum, non seulement dans son allure, mais aussi dans cette aura de rigueur et de discipline qui émanait de lui. C’était un homme qui semblait incarner la force et la justice, mais cette même force pouvait tout aussi bien représenter une menace terrifiante pour quiconque se dressait sur son chemin.

À cet instant, le jeune homme à droite prit la parole, sa voix calme mais empreinte d’une certaine fermeté :

« Ce ne sont que des enfants... »

Elric, l’homme imposant à sa gauche, tourna légèrement la tête vers lui, une expression sévère sur le visage.

« Des enfants qui ont l’air plus courageux que toi, » répliqua-t-il d’une voix grave et autoritaire, son regard perçant fixant le jeune homme avec une intensité glaciale. Sa remarque cinglante fit rougir le jeune chevalier, qui serra un peu plus la garde de son épée, hésitant entre reculer et affirmer sa position.

« Qui êtes-vous et que venez-vous faire dans notre village? »

Voyant l’hésitation et la nervosité du chevalier à droite, Pally en profita pour prendre les devants. Se redressant légèrement, il planta ses yeux dans ceux des deux hommes, la main toujours fermement serrée sur le manche de son couteau.

« Qui êtes-vous et que venez-vous faire dans notre village ? » demanda-t-il avec assurance, sa voix plus stable qu’il ne l’aurait cru.

Le silence qui suivit sa question sembla s’étirer, l’air autour d’eux devenant plus lourd alors que Pally et Merwinn attendaient une réponse, prêts à affronter ce qui allait suivre.

L’homme plus robuste s’avança d’un pied ferme, son pas lourd résonnant dans la nuit. L’impact fit instinctivement reculer Pally et Merwinn, un frisson de crainte traversant leurs corps. Sentant leur alerte se transformer en méfiance, l’homme leva les mains, paumes ouvertes, pour indiquer qu’il n’avancerait pas plus loin.

« N’ayez crainte, je ne suis pas votre ennemi, » déclara-t-il d’une voix grave et posée. « Je souhaite simplement parler avec le chef du village concernant une affaire de la plus haute importance. »

Pally, bien qu’un peu rassuré par les gestes de l’homme, ne baissa pas complètement sa garde. Il esquissa un sourire nerveux sur le côté, essayant de dissimuler son anxiété.

« Je répète une dernière fois la question : qui êtes-vous et que venez-vous… »

Il ne put terminer sa phrase, car une voix puissante l’interrompit brusquement.

« Pally ! Merwinn ! Que faites-vous avec ces inconnus ? » Braum, le chef du village, s’avançait d’un pas rapide, son regard sévère se posant tour à tour sur les deux garçons et sur les étrangers.

Pally et Merwinn se tournèrent vers lui, soulagés de voir leur chef intervenir. Braum prit aussitôt la relève, son regard autoritaire rivé sur les deux hommes.

« Qui êtes-vous et que voulez-vous à Sleepinwood ? » demanda Braum d’une voix forte et assurée.

Elric, le plus imposant des deux, baissa respectueusement la tête avant de répondre.

« Je suis Elric, Paladin Supérieur de l’ordre des Malekites, » déclara l’homme imposant, son ton grave résonnant dans l’air. « Je viens directement de la grande capitale des Alekims, la cité de Faithstone. Et voici Sir Daemon, un chevalier de notre ordre. Nous venons avec un message urgent qui nécessite l’attention immédiate du chef de votre village. »

À l’entente de ces mots, Pally ne put s’empêcher de murmurer à voix basse, presque pour lui-même : « Paladin… » Le mot résonnait dans son esprit, rempli de mystère et de fascination. Il se demanda ce que cela signifiait réellement, et quel genre de guerrier se tenait devant lui.

Braum, quant à lui, sentit un frisson parcourir son échine en entendant le nom de l’ordre des Malekites. Un nom qu’il n’avait pas entendu depuis des années, mais qui évoquait en lui des souvenirs puissants.
Il se rappelait de cet ordre, l’un des plus respectés et craints à travers le continent. Braum avait été un guerrier autrefois, mais il n’a jamais pu devenir un Paladin. En revanche, il connaissait bien leur réputation : des hommes d’une droiture inébranlable, des combattants d’élite au service de la justice, utilisant la lumière de leur foi pour protéger la veuve et l’orphelin, mais également, quand la situation l’exige, exterminer les monstres de ce monde.

Il fixa Elric avec un nouveau respect mêlé de prudence, car s’ils étaient venus jusqu’au village de Sleepinwood, c’était sûrement qu’une menace planait dans les environs.

Braum prit une profonde inspiration avant de s’adresser à Elric.

« Vous avez dit que vous aviez un message urgent. De quelle menace s’agit-il ? » demanda Braum, son ton grave, les yeux scrutant Elric pour déceler la moindre trace d’informations.

Elric échangea un bref regard avec Sir Daemon avant de se tourner à nouveau vers Braum, son expression se durcissant.

Pally et Merwinn étaient tout ouïe, suspendus aux paroles des deux hommes, leur curiosité et leur inquiétude grandissant à chaque instant.

Elric, voyant l’attention de tous, prit une inspiration avant de parler d’une voix grave. « Il y a une menace extrêmement dangereuse, catégorisée de rang S, que nous traquons depuis un certain temps. Les traces que nous avons suivies indiquent qu’elle rôde actuellement dans les environs du village de Sleepinwood. »

Braum resta silencieux, absorbant la gravité de la situation. Elric continua, son ton empreint d’urgence : « Il est impératif que tout le village soit mis sous quarantaine immédiatement. Aucun habitant ne doit quitter ou entrer dans le village de Sleepinwood jusqu’à ce que la menace soit neutralisée. »

Il jeta un regard à Sir Daemon avant de poursuivre. « Ce soir, nous partirons dans les bois pour traquer cette créature et l’éradiquer. Mais nous devons agir vite. Le village doit être sécurisé. Puis-je compter sur vous Braum? »

Pally et Merwinn échangèrent un regard, l’inquiétude et la peur désormais bien ancrées dans leurs jeunes esprits. Ils se rappelèrent alors les paroles de Durrin, qui avait mentionné une créature rôdant dans les bois. Ils comprirent qu’il avait peut-être raison, et que le danger était bien réel.

Braum, après un bref moment de réflexion, acquiesça avec détermination. « Très bien, Elric. Je vais de ce pas informer le village et mettre Sleepinwood sous quarantaine. Nous ne prendrons aucun risque. »

Il croisa les bras, son regard se durcissant. « Pendant que vous traquerez cette créature dans les bois, je veillerai personnellement à ce que tout se passe bien ici. Je revêtirai mon armure, porterai mon épée et mon bouclier, et je patrouillerai dans les rues du village toute la nuit s’il le faut. Je m’assurerai que tout le monde respecte cette quarantaine. Vous pourrez ainsi accomplir votre mission sereinement, sans avoir à vous soucier de ce qui se passe ici. »

Elric baissa la tête, en signe de reconnaissance de l’engagement de Braum. « Merci, Braum. Votre présence rassurera les villageois et nous permettra de nous concentrer sur la traque de cette créature. »

Il releva les yeux, son regard d’acier fixé sur celui du chef du village. Une lueur solennelle traversa ses traits. Après un bref silence, il ajouta d’une voix grave :
« Permettez-moi d’effectuer une bénédiction pour vous, Braum. Cela vous apportera la force nécessaire pour protéger votre village cette nuit. »
Braum, surpris par cette proposition, fronça légèrement les sourcils. Il n’avait jamais assisté à une telle cérémonie et ne savait pas à quoi s’attendre. Cependant, il voyait dans les yeux d’Elric une sincérité et une conviction qui le rassurèrent. Après un moment d’hésitation, il hocha la tête.
« Faites comme bon vous semble, Paladin. Si cela peut aider Sleepinwood, je suis prêt. »
Elric s’avança d’un pas vers Braum, retirant lentement ses gantelets pour révéler ses mains robustes mais étrangement délicates. Il leva sa main droite et la posa sur sa poitrine, proche du coeur, le poing fermé, fermant les yeux, puis l'approcha doucement, paume tournée vers Braum. Il inspira profondément, et lorsqu’il parla, sa voix semblait résonner avec une profondeur spirituelle.

« Ô Créateur des justes, entends ma prière. Révèle en cet homme le courage qui l’habite, la force qui coule dans ses veines, et la flamme de sa détermination. Qu’il soit un rempart pour les innocents, un phare dans l'obscurité. »

Les mots d’Elric étaient empreints de gravité et d’une puissance indéniable. Une lueur douce commença à émaner de ses mains, une lumière blanche teintée de nuances dorées, comme un lever de soleil diffus. La lumière s’intensifia légèrement, mais resta apaisante, presque chaleureuse. Elle dansait autour de ses doigts, comme une flamme vivante. Cependant, au lieu de se diriger vers Braum, cette lumière sembla réveiller une réponse de l’intérieur de ce dernier. Tandis qu’Elric levait lentement sa main droite, paume tournée vers le ciel, une lueur douce et dorée commença à s’élever depuis Braum lui-même, comme si elle émergeait de son âme.

La lumière, d’abord faible et vacillante, grandit à mesure que la main d’Elric montait, accompagnant le geste avec une harmonie parfaite. Les volutes dorées, vibrantes et chaleureuses, jaillissaient du cœur de Braum, s’élevant en douceur comme une source longtemps endormie enfin réveillée. C’était une lumière pure, puissante mais apaisante, qui emplissait l’espace d’une énergie sereine et d’une force tranquille.

Pally et Merwinn regardaient, bouche bée, la scène qui se déroulait devant eux. La lumière émanant de la main d’Elric semblait irréelle, et celle émanant de Braum encore plus, comme si elle était vivante, imprégnée d’une pureté presque divine. Merwinn, d’abord figé, se tourna légèrement vers Pally, ses doigts serrant instinctivement son bras, comme pour chercher un appui face à cette vision extraordinaire. Il ouvrit la bouche, prêt à parler, mais aucun mot n’en sortit. Il craignait que le simple son de sa voix ne brise la magie de ce moment, ne vienne ternir l’aura de ce spectacle presque sacré.

Pally, quant à lui, était complètement captivé, ses yeux rivés sur Elric et la lumière qui semblait jaillir de Braum. Il ne voyait plus rien d’autre que cette scène, comme si le monde autour de lui s’était effacé. Une chaleur étrange, mélange d’admiration et de curiosité, s’éveillait dans sa poitrine. Il n’avait jamais rien vu d’aussi extraordinaire, d’aussi… pur. Comment une telle lumière pouvait-elle exister ? D’où venait-elle ? Était-ce vraiment une force divine ? Ou quelque chose que l’on pouvait apprendre à maîtriser, comme une compétence ou un art ?

Les gestes d’Elric, calmes et assurés, résonnaient profondément en lui. Ce n’était pas seulement un pouvoir brut qu’il voyait, mais une forme de maîtrise, de connexion, presque de grâce. Pally serra les poings, pas d’appréhension, mais d’un désir inavoué : comprendre. Découvrir. Une graine avait été plantée dans son cœur, une fascination et une aspiration qu’il ne pouvait plus ignorer. Être un jour capable de projeter cette lumière, pas seulement pour lui, mais pour protéger, guider, et inspirer comme le faisait ce Paladin.

Elric, toujours concentré, continuait son mouvement, guidant la lumière de Braum vers une élévation plus grande, jusqu’à ce qu’elle enveloppe entièrement le chef du village, illuminant une dernière fois son visage d’une vigueur renouvelée avant de disparaître.

Braum, ébloui par cette élévation soudaine de lumière émanant de lui-même, ressentit une puissante énergie parcourir son corps. Il leva légèrement la tête, les yeux fermés, comme pour mieux accueillir cette force bienfaisante. Une chaleur apaisante se diffusa dans ses membres, dissipant toute fatigue ou doute qu’il aurait pu ressentir. Ses muscles se détendirent puis se raffermirent, imprégnés d’une nouvelle vitalité. Lorsqu’il rouvrit les yeux, une étincelle de détermination brillait dans son regard. Un sourire confiant se dessina sur ses lèvres, témoignant de la vigueur et de la sérénité qui l’habitaient désormais.

Elric abaissa lentement sa main, inclinant légèrement la tête, ses yeux clos dans une expression de profond respect. Dans un souffle empreint de révérence, il murmura : « Louanges au Créateur, source infinie de toute lumière.»

Sir Daemon ajouta, avec un ton solennel : « Avec vous qui sécurisez le village et nous qui traquerons la bête dans les bois, nous maximisons nos chances de réussite. Nous vous tiendrons informé de nos progrès dès que possible. »

Braum les salua d’un signe de tête montrant sa reconnaissance. « Ainsi soit-il, Sleepinwood compte sur vous. »

Puis, se tournant vers Pally et Merwinn, il leur dit d’une voix ferme mais bienveillante : « Vous avez entendu. Prévenez le village, et rentrez dans l’orphelinat de ce pas. Ne traînez pas en chemin, et assurez-vous que tout le monde soit informé. »

Pally et Merwinn, toujours plongés dans leurs pensées après la scène à laquelle ils venaient d’assister, hocha la tête avec un peu de retard. Ils échangèrent un dernier regard avec Braum avant de se précipiter vers le village, leur cœur battant la chamade. Ils s’élancèrent dans les rues, frappant aux portes des maisons, criant l’ordre de Braum. Les villageois, d’abord incrédules, virent bientôt la gravité dans les yeux des deux garçons et comprirent que la situation était sérieuse. Chacun s’empressa de rentrer chez soi, verrouillant portes et fenêtres, rassemblant leurs proches autour d’eux.

Pendant ce temps, Braum retourna à la maison communale où il avait déjà préparé son armure et son équipement après le combat d’exhibition contre Cirilla. L’acier de son armure était encore brillant, et il pouvait encore sentir l’énergie du duel récent dans ses membres. Il attacha son bouclier à son bras gauche, saisit son épée, et alluma une lanterne à l’huile. Son visage, éclairé par la lueur vacillante, montrait une détermination farouche. Il savait que cette nuit serait longue, et il se tenait prêt à défendre Sleepinwood une fois de plus.

À l’entrée du village, Elric et Sir Daemon se préparaient également pour la chasse. Elric vérifia son armure, ajustant les sangles de cuir et assurant la bonne prise de son imposant marteau. La lumière de la lune faisait briller son diadème, qui maintenait ses cheveux poivre et sel en arrière, donnant à son visage un air de commandement austère. Sir Daemon, plus jeune et plus agile, testait la lame de son épée, s’assurant qu’elle était parfaitement affûtée. Ils échangèrent un regard silencieux, une entente tacite s’établissant entre eux. C’était une mission qu’ils avaient menée des dizaines de fois auparavant, mais la menace pesante sur Sleepinwood ajoutait une gravité particulière à celle-ci.

Alors que le crépuscule cédait lentement la place à la nuit, les deux Paladins s’engagèrent dans les bois, leurs silhouettes s’effaçant progressivement dans l’obscurité.
Braum, de son côté, commença sa patrouille dans les rues désertes de Sleepinwood, la lanterne à la main, projetant des ombres inquiétantes sur les murs des maisons. Il s’assura que chaque porte était bien fermée, que chaque fenêtre était verrouillée. Les seuls sons qui accompagnaient ses pas étaient ceux du vent léger qui s’engouffrait dans les ruelles et le cliquetis métallique de son armure.

Pally et Merwinn, après avoir terminé leur course, revinrent à l’orphelinat. Ils furent accueillis par Titis, inquiète mais soulagée de les voir rentrer sains et saufs. Elle les fit entrer, verrouillant soigneusement la porte derrière eux. Les autres enfants étaient déjà rassemblés dans la grande salle commune, dont William et Ellendia, un silence lourd régnant parmi eux, seulement interrompu par le crépitement des flammes dans l’âtre.

La directrice de l’orphelinat, de son apparence stricte, entra dans la salle commune. Son chignon serré et sa longue robe sombre accentuaient son air autoritaire. Elle se plaça près de la cheminée, où les flammes dansaient sur son visage marqué par l’expérience, et frappa des mains pour attirer l’attention de tous.

« Enfants, écoutez-moi bien, » dit-elle d’une voix ferme mais empreinte de calme. « Ce soir, vous devez tous monter dans vos dortoirs sans discuter. Une fois dans vos lits, vous y resterez jusqu’à l’aube. »

Un silence pesant s’installa, troublé seulement par le crépitement du feu. Pally et Merwinn, toujours au centre de la pièce, scrutaient la directrice avec une intensité inhabituelle. Les enfants, réunis autour de la salle, échangèrent des regards nerveux et s'interrogèrent. Ils n'étaient pas au courant se dirent-ils.

Non loin de là, Titis, les mains occupées à essuyer nerveusement un torchon déjà propre, jetait des regards inquiets vers les fenêtres obscures, comme si elle s’attendait à voir surgir une ombre inquiétante à tout instant. Elle se racla doucement la gorge, s’approchant du bord de la pièce, ses gestes trahissant son anxiété.

« Peu importe ce que vous pourriez entendre dehors, » continua la directrice, son ton plus grave, « vous ne devez en aucun cas quitter vos dortoirs. Pas un bruit, pas une porte qui grince, rien. Est-ce bien compris ? »

Les enfants bien que ne comprenant pas le comportement de la directrice acquiescèrent en silence, même les plus jeunes sentant la tension palpable dans l’air. La directrice continua, son visage s’adoucissant légèrement.

« Demain matin, je viendrai vous chercher, un par un, pour le petit déjeuner. Ce n’est qu’une précaution, mais elle est nécessaire pour votre sécurité. Rassurez-vous, tout ira bien. »

Elle posa un regard appuyé sur Pally et Merwinn, qui semblaient vouloir poser des questions. « Pally, Merwinn, cela inclut également de ne pas vagabonder dans les couloirs. Ai-je été claire ? »

Les deux garçons se redressèrent, légèrement intimidés par son ton.

« Oui, madame, » répondirent-ils en chœur, bien que leurs pensées tourbillonnaient encore autour de la mystérieuse créature mentionnée par Elric et Sir Daemon.

La directrice jeta un dernier regard circulaire, s’assurant que ses instructions avaient été bien comprises. « Allez, filez maintenant. Bonne nuit à tous. »

Les enfants se levèrent lentement, jetant un dernier coup d’œil à la directrice avant de se diriger vers les escaliers menant à leurs dortoirs. Parmi eux, William, avait remarqué les regards échangés entre Pally et Merwinn ainsi que leur comportement étrange. Il comprit immédiatement qu’ils en savaient plus sur cette situation inquiétante. Pourtant, il choisit de rester silencieux, se contentant de fixer les deux garçons d’un regard perçant, scrutant le moindre indice sur leurs visages.

Pally et Merwinn restèrent un instant en bas, jetant un regard pensif vers l’entrée de l’orphelinat. La curiosité et l’inquiétude se mêlaient sur leurs visages.

« Allez, vous deux, pas d’exceptions, » déclara la directrice, les ramenant à la réalité.

Sans un mot, ils montèrent les marches, leurs esprits occupés par les récents événements. Une fois dans leur dortoir, ils s’allongèrent dans leurs lits, silencieux, l’esprit en ébullition après tous les évènements passés et malgré leurs pensées tourbillonnantes et l’inquiétude qui pesait sur eux, la fatigue finit par avoir raison d’eux...

« Quelle est cette mélodie ? » murmura Pally, sa voix résonnant dans le néant comme un écho solitaire. Il fronça les sourcils, les yeux fermés, tendant l’oreille pour capter chaque note. Les sons étaient délicats, presque fragiles, comme un secret chuchoté entre les ombres, mais portaient en eux une tristesse profonde, mêlée à une chaleur rassurante. Il finit par ouvrir les yeux et regarda autour de lui cherchant la provenance de cette mélodie qui tournait en boucle.
Il se tenait dans une obscurité épaisse, presque palpable, comme si le monde entier s’était effacé, ne laissant qu’un vide silencieux et oppressant. Tout autour de lui, il n’y avait rien, si ce n’est une étrange mélodie qui flottait dans l’air, douce et lointaine, mais étrangement familière.

Une fine grêle s'ajouta au paysage acoustique, attirant l'attention de Pally qui sursauta. Les petits éclats de glace tambourinaient contre une fenêtre, derrière laquelle la nuit avait déjà enveloppé le monde. À côté, une lanterne solitaire, posée sur un bureau en bois ancien, l’illuminait d’un halo doré. Ce bureau semblait flotter dans l’obscurité, un îlot de clarté dans un océan d’ombres. Pally, attiré par cette lueur, avança lentement. Chaque pas résonnait légèrement d'un son grave, amplifié par l’immensité silencieuse qui l’entourait.

Lorsqu’il atteignit le bureau, ses yeux furent immédiatement attirés par un petit objet posé au centre, baigné dans la lumière douce de la lanterne : une boîte à musique en forme de coeur.

Elle était petite, délicatement façonnée dans un bois d’ébène poli, sombre et lisse, presque velouté au toucher, ornée de motifs argentés en forme de constellations, comme si elle emprisonnait un fragment du ciel nocturne. De minuscules rubis, sertis avec une précision presque onirique, ponctuaient certains points des constellations, représentant les étoiles les plus brillantes. Il semblait qu'à l'ouverture du coeur, un mécanisme ingénieux se mettait en mouvement, déclenchant une mélodie d’une pureté envoûtante, comme si elle émanait directement des étoiles qu’elle représentait.
Une fine chaîne en argent, subtilement travaillée avec des maillons gravés de motifs similaires à ceux de la boîte, était fixée à sa base, permettant de la porter autour du cou. Elle était à la fois un bijou et un trésor, pensée pour être gardée près du cœur, littéralement et symboliquement.
La mélodie qui résonnait autour de lui semblait venir de cette boîte, mais il n’arrivait pas à se souvenir pourquoi elle lui semblait si importante.

Pally hésita un instant, tendant la main vers la boîte. Quand ses doigts effleurèrent le bois d’ébène, un frisson parcourut son bras, comme une chaleur froide, étrange et contradictoire, qui semblait à la fois le réconforter et l’ébranler profondément. Une image vague et indistincte s’imposa brièvement à son esprit : des mains délicates qui refermaient ce cœur. Une voix douce, lointaine, mais aimante, chuchota presque inaudible au creux de son esprit.

La mélodie sembla s’élever doucement, gagnant en intensité, comme une réponse à sa présence. Chaque note, cristalline et poignante, semblait résonner directement dans sa poitrine, éveillant des échos d’un passé qu’il avait oublié... ou peut-être choisi d’oublier.

Il reprit ses esprits et, hésitant un instant, décida de la prendre délicatement dans ses mains. Sur le dos de la boîte, une fine inscription, gravée avec une précision presque solennelle, attirait son regard : “Mon amour ne mourra jamais.” Ces mots, étrangers à sa mémoire consciente, éveillèrent pourtant un écho profond en lui, une émotion troublante mêlant toujours cette chaleur réconfortante et douleur lancinante, qu’il ne parvenait ni à nommer ni à comprendre.

Son souffle s’accéléra légèrement. « Pourquoi… est-ce que je connais ça ? » murmura-t-il, le regard fixé sur les gravures.

Soudain, un grincement sinistre résonna derrière lui, interrompant ses pensées. Une porte s’ouvrit lentement, le bruit sourd et prolongé déchirant le silence. Pally sursauta, et dans sa panique, la boîte à musique glissa de ses mains, tombant au sol avec un bruit lourd. Le cœur se referma brusquement, interrompant la mélodie dans un claquement tranchant. Un silence pesant emplit alors la pièce, étouffant jusqu’au souffle de Pally.

Il tourna lentement la tête, glacé par la peur. À travers l’ombre de la porte entrouverte, une silhouette se dessinait. Grande, vacillante, elle semblait floue et indistincte, mais son avancée était claire. L’ombre s’approchait, chaque pas traînant résonnant dans la pièce comme un battement de tambour lent et implacable. Une respiration rauque, accompagnée de sons gutturaux et inhumains, s’échappait de la silhouette, comme si elle luttait pour exister. La figure titubait, ses mouvements désordonnés ajoutant une étrangeté terrifiante à sa progression.
Pally, figé par la peur, sentit un frisson glacé parcourir son échine. Il tenta de bouger, de fuir, mais ses jambes refusaient de répondre, comme clouées au sol. Ses mains tremblaient, cherchant un appui, mais la panique brouillait son esprit. La silhouette continuait de s’approcher, son aura oppressante emplissant l’espace.
Soudain, la mélodie changea. Ce qui était doux et apaisant devint tendu et menaçant. Les notes délicates de la boîte à musique se déformèrent, leur rythme autrefois régulier se brisant en fragments chaotiques. Une nouvelle tonalité surgit, plus grave et imposante, comme si un orgue funèbre s’était joint à l’air, balayant les douces volutes sonores pour les noyer dans une tempête d’accords dramatiques.
La pluie, qui caressait doucement la fenêtre quelques instants plus tôt, devint une rafale violente. Chaque goutte martelait la vitre avec une intensité oppressante, comme si le monde extérieur partageait sa terreur. Les basses grondantes de l’orgue emplissaient l’espace, résonnant comme un écho venu d’un gouffre insondable. Chaque note portait un poids insoutenable, semblant resserrer une étreinte invisible autour de lui.
La silhouette tendit une main décharnée et froide vers lui. Lorsqu’elle l’attrapa par l’épaule gauche, une douleur fulgurante envahit Pally, comme si un poids écrasant se refermait sur lui. Son souffle devint court, ses pensées s’embrouillèrent. Les sons, les images, la mélodie… tout se mêla dans un chaos assourdissant. Une voix grave et lointaine murmura son nom, suivie d’une cacophonie de murmures. Il ne distinguait plus rien, perdu entre rêve et cauchemar.

« Pally… Réveille-toi ! » Une voix claire, plus proche, perça soudain le tumulte. Puis une autre, douce et inquiète : « Pally, ça va ? »
Il ouvrit brusquement les yeux, haletant et couvert de sueur. Merwinn était à son chevet, le regard rempli d’inquiétude, tandis qu’Ellendia, les sourcils froncés, lui tenait la main.

« Pally, tu faisais un cauchemar, » murmura Merwinn, presque tremblant. « On t’a entendu gémir… »
Pally passa une main tremblante sur son visage, tentant de reprendre son souffle. Tout semblait flou, irréel, mais la sensation glacée de cette main sur son épaule restait gravée en lui.

Pally reprit son souffle, le visage encore humide de sueur. Merwinn posa une main hésitante sur son épaule, ses yeux cherchant une réponse dans le regard de son ami. « Pally… qu’est-ce qui s’est passé ? Tu vas bien ? »
Pally détourna les yeux, comme pour cacher quelque chose. « Oui, oui… ça va… juste un mauvais rêve, » répondit-il d’une voix qui se voulait rassurante, mais qui trahissait une certaine tension.
Ellendia, accroupie près du lit, l’observait avec un mélange de curiosité et d’inquiétude. « Un cauchemar, hein ? Vu comment tu t’agitais, ça avait l’air bien plus qu’un simple mauvais rêve, » dit-elle doucement, son regard perçant essayant de lire en lui.
Merwinn hocha la tête en direction d’Ellendia. « Elle a entendu du bruit et s’est faufilée ici. Je lui ai expliqué… enfin, ce qu’on sait sur cette créature dans les bois. » Il déglutit, ses doigts jouant nerveusement avec le bord de sa tunique. « Mais c’est quand même fou, non ? Une créature de rang S, là, si près de nous… »
Ellendia se redressa, croisant les bras. « Et vous deux, vous savez quoi ? Vous avez l’air de tout me cacher. »
Pally baissa la tête, son expression se durcissant. « Ce n’est rien. Juste… des images dans ma tête qui ne veulent pas partir, » murmura-t-il, plus pour lui-même que pour eux.
Il resta silencieux un instant, le regard perdu. Les souvenirs confus de son rêve lui revenaient par vagues : cette mélodie, cette boîte à musique, cette ombre menaçante. Tout cela semblait inexplicablement lié à la créature qui rôdait dans les bois. Une sensation brûlante de frustration et d’impuissance montait en lui. Il serra les poings, cherchant à contenir l’agitation qui grondait dans sa poitrine.
Merwinn, inquiet, s’accroupit à son tour pour essayer de capter son attention. « Pally, tu es sûr que ça va ? On peut rester ici si tu veux en parler. »
Pally releva brusquement la tête, ses yeux brillants d’une détermination féroce. « Non, Merwinn, j’en ai marre d’attendre. J’en ai marre de rester là comme des gamins impuissants ! Cette créature est dehors, et personne ne fait rien pour l’arrêter. » Il se leva d’un bond, ses poings toujours serrés. « Alors c’est nous qui allons la tuer. Toi et moi, on est bien assez forts avec nos épées ! »
Merwinn recula légèrement, surpris par l’intensité soudaine de son ami. « Quoi ? Non, Pally, c’est de la folie ! Tu sais très bien qu’on n’a aucune chance » balbutia-t-il, ses yeux s’agrandissant sous l’effet de la peur.
Ellendia, adossée contre le mur, serra les poings, sa mâchoire crispée. « Je suis d’accord avec Merwinn. C’est insensé, Pally. Vous allez vous faire tuer. »
Pally planta son regard dans celui d’Ellendia, une lueur de défi dans les yeux. « Peut-être. Mais rester ici, c’est pire. Je ne peux pas… je ne veux pas être impuissant. J’ai besoin de réponses, et je sais qu’on peut y arriver. Ensemble. »
Un silence lourd s’installa. Merwinn fixait le sol, partagé entre la peur de l’inconnu et le désir de ne pas abandonner son ami. Il finit par soupirer profondément, résigné. « Si tu y vas, alors je viens avec toi. Mais je préfère qu’Ellendia reste ici. Si quelque chose t’arrive… enfin, non, si quelque chose nous arrive, je veux qu’elle soit en sécurité. »
Ellendia décroisa les bras, avançant d’un pas déterminé. « Hors de question que je reste. Vous croyez quoi ? Que je vais vous laisser affronter ça seuls ? J’ai mon arc, et je sais viser. Si on fait ça, on le fait ensemble. »
Pally soupira, mais hocha la tête. « D’accord. Ensemble, alors. Mais il faut qu’on soit discrets. Si Braum nous voit, il nous renvoie ici avant même qu’on atteigne les bois. »

Ils s’activèrent rapidement. Pally attrapa son épée en acier, son poids familier lui apportant une étrange sensation de confort. La lame, bien entretenue et tranchante, reflétait une lueur pâle dans la pénombre. Merwinn, plus méthodique, prit également son épée, testant la solidité de la poignée et passant un doigt prudent sur le tranchant pour s’assurer de son efficacité. Ellendia, quant à elle, attrapa son arc et fixa soigneusement son carquois dans son dos à l’aide de sangles ajustées. Elle vérifia que chaque flèche était bien alignée, ses gestes rapides mais précis. Son visage trahissait une anxiété qu’elle tentait de masquer derrière son calme apparent.

Pally se dirigea vers son coffre au pied de son lit, l’ouvrant avec précaution pour ne pas faire de bruit. Il en sortit une corde épaisse qu’il avait soigneusement cachée. Sans un mot, il se rendit à la fenêtre et l’attacha solidement au montant du lit, vérifiant deux fois le nœud pour s’assurer qu’il tiendrait. Jetant un coup d’œil dehors, il plissa les yeux pour sonder les ombres mouvantes de la nuit. Le vent jouait doucement dans les arbres, mais aucun signe de mouvement suspect.
« Allez, on descend un par un. Pas un bruit, » murmura-t-il, ses yeux scrutant les environs.

Tandis que Merwinn s’approchait pour descendre, Pally resta près de la fenêtre, faisant le guet avec vigilance. Il observa les ruelles et les environs, ses sens en alerte. Il savait que Braum patrouillait, et qu’un seul faux pas pourrait ruiner leur plan.
Merwinn attrapa la corde, ses mains serrant fermement les fibres rugueuses. Descendre dans l’obscurité n’était pas chose facile, et il grimaça en sentant le vent froid s’engouffrer sous sa tunique. Ses bottes touchèrent enfin le sol, et il fit un signe discret vers la fenêtre pour indiquer que tout était clair.

Ellendia suivit avec une agilité surprenante. Elle s’accrocha à la corde, son arc fermement attaché dans son dos, et se laissa glisser avec une fluidité qui trahissait son habitude de grimper. Ses bottes atterrirent presque sans bruit sur la terre meuble, et elle rejoignit Merwinn en jetant un regard attentif autour d’eux.
Pally, après un dernier coup d’œil pour s’assurer qu’ils n’étaient pas observés, saisit la corde et descendit à son tour. Son visage était crispé, concentré sur chaque mouvement. Une fois à terre, il tira la corde avec soin et la dissimula dans un buisson à proximité pour effacer toute trace de leur départ.

Ils se regroupèrent près du mur de l’orphelinat, accroupis, leurs silhouettes à peine visibles dans l’ombre. Le souffle court mais silencieux, ils échangèrent un regard.

Pally chuchota : « Pas de bruit. On avance vite, et on trouve cette créature avant que l’aube ne se lève. »
Ellendia jeta un coup d’œil dans la direction de la rue principale, ses yeux plissés pour mieux distinguer les mouvements. « Braum pourrait être dans les parages. Il faudra rester dans l’ombre et éviter les lanternes. »

Merwinn hocha la tête, son visage tendu par l’appréhension. « S’il nous voit, c’est fini. Suivons les ruelles derrière les maisons. »
Ils échangèrent un dernier regard, mêlant peur et détermination. Puis, d’un pas léger et discret, ils s’éloignèrent, s’enfonçant dans l’obscurité de la nuit, leur objectif fixé sur les bois où la créature s’y trouvait.