Chapitre 2
Les Frasques de la Fête
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Le matin se levait doucement sur Sleepinwood, enveloppant le village d'un calme serein et d'une paix presque palpable. La neige, tombée pendant la nuit, recouvrait les toits et les chemins d'une couche blanche immaculée, transformant le village en un tableau hivernal parfait. Les premiers rayons de soleil perçaient à travers les branches des arbres centenaires, faisant scintiller la neige comme des milliers de diamants minuscules.
Les ruelles sinueuses de Sleepinwood, bordées de haies et de murs de pierre, étaient encore désertes. Les habitants, bien installés dans leurs couvertures, savouraient les derniers instants de chaleur avant de commencer leur journée. Seules les traces laissées par quelques animaux nocturnes rompaient la surface lisse de la neige, témoignant de la vie qui continuait malgré le froid.
Un peu plus tard, le village s'éveilla lentement et se mit en effervescence. Les premiers habitants sortirent de leurs maisons, bien emmitouflés, pour commencer les préparatifs de la fête. Les rues autrefois silencieuses se remplirent de voix joyeuses et de rires, les commerçants ouvrirent leurs échoppes, et on commença à entendre les premiers coups de marteau indiquant que les préparatifs de la fête de Sleepinwood commençaient.
William, le petit garçon aux cheveux bruns toujours accompagné d'un air triste, sortit tranquillement de l'orphelinat, prenant une grande bouffée d'oxygène de cet air frais hivernal. Il ferma les yeux, savourant la sensation vivifiante de l'air glacial sur son visage. Cependant, à peine eut-il fait un pas dehors qu'un grand seau d'eau glacée se déversa sur sa tête, le trempant de la tête aux pieds. La sensation était si froide qu'il eut l'impression que son âme elle-même était gelée.
Les éclats de rire qui suivirent furent ceux de Pally et Merwinn, perchés sur le toit de l'orphelinat, se tenant les côtes tant ils riaient.
"Ah ah ah ! Tu aurais dû voir ta tête !" s'exclama Pally, les larmes aux yeux à force de rire.
William, furieux et dégoulinant, lança un regard noir en direction des deux garçons. "VOUS !!! JE VAIS VOUS TUER !!!"
Merwinn, entre deux rires, se redressa et déclara un peu inquiet, "Euh... C'était son idée !" en pointant du doigt Pally.
Pally, toujours hilare, ajouta. "Oh, allez William, c'était juste pour rigoler un peu, continue de nous tchiper comme tu sais le faire!"
William comprit qu'il faisait référence à hier quand il trouvait les deux rigolos insupportables.
Les dents serrées et les poings fermés, William fit un pas en avant bien décidé à leur donner une leçon. "VOUS ALLEZ VOIR !"
Mais avant qu'il ne puisse réagir, la porte de l'orphelinat s'ouvrit brusquement, et Braum, le chef du village, apparut, les sourcils froncés.
"Les enfants, aujourd'hui c'est la grande fête de Sleepinwood alors vous allez venir nous aider. William, toi tu... mais William pourquoi es-tu trempé ?"
"Grrrraaa," grogna William, rentrant nerveusement dans l'orphelinat pour se changer.
Pally et Merwinn pouffaient de rire discrètement, mais leur amusement fut de courte durée.
"Oh, je vois," Braum se racla la gorge, "PALLY, MERWINN !" lança-t-il d'un ton sec et agacé. Les deux garçons sursautèrent. "Descendez d'ici et allez dans les champs aider les villageois à la récolte."
Pally soupira, mais il s'exécuta avec Merwinn. "Pffoo! Faut pas rigoler avec Braum," murmura-t-il à son ami en descendant du toit.
Une fois dans leur chambre ils s'habillèrent chaudement avant de sortir aider les villageois. Leur chambre d'orphelinat était simple mais confortable, et elle reflétait parfaitement leurs personnalités distinctes.
La pièce, bien éclairée par une grande fenêtre, était divisée en deux espaces distincts.
À gauche se trouvait le lit de Merwinn, un espace ordonné et propre, avec un couvre-lit bleu ciel soigneusement tiré. Devant le lit de Merwinn, un coffre en bois était posé, où il rangeait ses affaires et ses petits trésors d'aventure. Sur une étagère à côté du lit, divers objets étaient disposés : des livres de contes, des figurines en bois sculpté et des dessins colorés, reflétant son amour pour les histoires et sa grande sensibilité.
À droite de la pièce, le lit de Pally était couvert d'une couverture rouge vif, un peu froissée. Devant son lit, un autre coffre en bois abritait ses possessions, des épées en bois et des souvenirs de ses aventures. Son étagère était remplie de toutes sortes d'objets : des pierres brillantes, des plumes d'oiseau, des cartes de trésor dessinées à la main et des outils d'aventure. Chaque objet racontait une histoire de ses escapades dynamiques et de son insatiable curiosité.
Pally, débordant d'énergie, ouvrit son coffre et en sortit une épaisse veste en laine et une écharpe rouge. "Merwinn, tu es prêt pour cette journée d'aventure ?" dit-il avec un sourire espiègle.
Merwinn, toujours plus méthodique, choisit soigneusement ses vêtements. Il enfila un manteau bleu foncé et une écharpe violet assortie, puis attrapa ses gants en laine. "Carrément prêt" s'exclama-t-il, avec un grand sourire.
"Dis, Pally, tu penses qu'on devrait prendre nos épées en bois ?" demanda Merwinn.
"Bien sûr !" répondit Pally avec enthousiasme. Les deux garçons fouillèrent alors dans leurs coffres respectifs pour trouver leurs épées en bois. Une fois trouvées, ils les attachèrent sur leur dos.
Pendant qu'ils s'équipaient, Pally se plaignit, "Je trouve ça vraiment ridicule que Braum ait demandé qu'on nous enlève nos vraies épées pour les remplacer par celles en bois. Après tout, on a sauvé le village contre les contrebandiers pourpres il y a trois mois. On a bien montré qu'on savait s'en servir."
"Oui, c'est vrai," approuva Merwinn. "C'était grâce à notre mentor Cirilla qui nous avait enseigné l'art de l'épée alors que le village entier était réduit en esclavage dans les mines au sud du village. Elle nous avait beaucoup aidés à libérer le village."
"Oui, enfin, on avait battu pas mal de contrebandiers avant qu'elle nous aide contre leur chef," ajouta Pally.
"Oui, c'est vrai," approuva Merwinn. "Mais Braum dit que des enfants ne doivent pas 'jouer' avec de vraies armes."
"J'ai 8 ans, je suis un grand maintenant," rétorqua Pally avec indignation. "Ce que dit Braum est complètement ridicule."
En traversant le couloir pour descendre au rez-de-chaussée de l'orphelinat, Pally et Merwinn remarquèrent la traînée d'eau laissée par William et ne purent s'empêcher de rire à nouveau. William devait sûrement être en train de se changer, pensaient-ils.
"On a peut-être un peu dépassé les bornes cette fois-ci, tu ne trouves pas, Pally ?" demanda Merwinn.
"William et moi, on ne s'entend pas, c'est comme ça. Puis, il n'avait qu'à pas se moquer de nous hier pendant l'histoire de Titis," répliqua Pally.
En descendant dans la cuisine, Pally et Merwinn furent immédiatement enveloppés par une chaleur accueillante et réconfortante. La cuisine de l'orphelinat était un véritable havre de convivialité, où chaque détail dégageait une ambiance rustique mais chaleureuse. Les murs en pierre étaient décorés de nombreuses étagères en bois, sur lesquelles reposaient des bocaux de conserves, des épices et des herbes séchées. Des casseroles et des poêles en cuivre brillaient doucement à la lueur des flammes du fourneau.
Au centre de la pièce, une grande table en bois massif, usée par les années et les nombreuses préparations culinaires, était couverte de nappes à carreaux rouges et blancs. Autour de la table, des chaises dépareillées mais confortables, attendaient les enfants pour le prochain repas. Les fenêtres, encadrées de rideaux en dentelle, laissaient entrer une douce lumière matinale, accentuant encore plus la chaleur et la sérénité du lieu.
L'air était imprégné de la délicieuse odeur de pain fraîchement cuit et de viande hachée en train de dorer dans le four. C'était un parfum qui faisait immédiatement saliver et donnait l'impression d'être chez soi. Au-dessus du four, une marmite émaillée laissait échapper une vapeur aromatique, témoignant des préparations en cours.
Titis, la cuisinière de l'orphelinat, était au fourneau, son tablier maculé de farine et de diverses éclaboussures de cuisine. Son sourire bienveillant et son regard doux dégageaient une aura d'amour et de dévouement. Chaque mouvement qu'elle faisait, chaque plat qu'elle préparait, était empreint d'une affection sincère pour les enfants dont elle prenait soin.
"Bonjour, mes petits aventuriers ! Vous êtes là juste à temps, les pains à la viande hachée sont presque prêts," dit-elle en se tournant vers eux, un sourire éclatant sur le visage. "Ils sont normalement pour ce midi, après votre travail dans les champs, mais j'ai une petite surprise pour vous."
Elle sortit discrètement deux petits pains du four et les tendit à Pally et Merwinn. "Surtout, ne dites rien à la directrice de l'orphelinat," murmura-t-elle avec un clin d'œil complice.
Pally et Merwinn, les yeux brillants de reconnaissance, lui firent un gros câlin qui réchauffa le cœur de Titis. "Merci, Titis ! Tu es la meilleure !" s'exclamèrent-ils en chœur avant de mordre joyeusement dans leurs pains encore chauds.
Leur ventre rempli et le cœur léger, les deux garçons se préparèrent à sortir pour aider les autres dans les champs. "Allez, on y va ! Bisoux Titis!" lança Pally en courant vers la porte, suivi de près par Merwinn.
Le village était magnifique, décoré de guirlandes et de lanternes. Les habitants s'activaient pour préparer le grand festin. Pally et Merwinn furent envoyés aux champs pour aider à la récolte des carottes. "Je veux plus d'aventure dans ma vie," râla Pally en arrachant une carotte du sol. "Pourquoi t'aimes pas les carottes ?" demanda Merwinn en faisant une tête de lapin, ce qui déclencha une crise de fou rire entre les deux garçons.
William, agacé par leurs pitreries, leur lança un regard noir. "Bon, vous allez arrêter !!!"
Pally et Merwinn, avec leurs têtes de lapin, se contentèrent de le regarder fixement tout en faisant mine de grignoter une carotte. "Bande d'abrutis," soupira William.
Braum les appela soudainement. "Pally, Merwinn ! Benz a besoin de miel pour ses steaks du délice." Les yeux des garçons s'illuminèrent à la mention des steaks. "Allez en chercher dans la forêt et ne traînez pas!".
"Enfin quelque chose qui ressemble à une vraie aventure," s'exclama Pally. Ils s'équipèrent de leurs épées en bois et partirent à la recherche de miel dans la forêt.